26.12.2009
Fêtes
Aujourd'hui, pas de note, vacances oblige ! Retour le 2 janvier !
Je vous souhaite à tous une année à venir
pleine de bonheur et de réussites. et de lectures !
Feuilleton à suivre...
03:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
19.12.2009
Roman feuilleton VIII-2
Attention, certains passages peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.
Le lendemain, il faisait beau. Le soleil se leva doucement, faisant revivre les couleurs chaudes de la journée. Les deux amis se réveillèrent à l'unisson. Clarisse embrassa le jeune homme sur la joue, il la prit dans ses bras et ils demeurèrent ainsi quelques minutes.
On frappa à la porte. Le petit déjeuner leur fut servi directement dans la chambre. David avait tout prévu pour que Clarisse se sente le mieux possible. Elle devait reprendre des forces. Il voulait retrouver le plus vite possible la fille exubérante, vivante, avec laquelle il se marrait tout le temps. Il installa la table, nu sous le regard intéressé de Clarisse qui avait toujours admiré la fermeté et la rondeur de ses fesses puis il alla dans la salle de bain. Il en ressortit quelques minutes plus tard, les cheveux humides et frais.
« Prends ton temps pour te réveiller tranquillement. Il faut que je trace ; on commence tôt ce matin. »
Elle sourit légèrement mais ne répondit pas. David faisait ça comme d'autres épluchent un dossier avec passion. Elle se calfeutra davantage sous le drap. Il vint lui caresser les cheveux, puis il sortit doucement.
Une demi heure plus tard, Clarisse était encore dans son demi sommeil. Elle aimait passer du temps dans son lit, le matin. Elle ne dormait pas vraiment et elle n'était pas tout à fait éveillée. Une sorte d'entre deux : entre deux mondes, celui du jour et de la nuit, entre deux états, du sommeil et de la conscience, de la vie et de la mort. Dans ces moments là, Clarisse côtoyait la mort sans trop se faire peur, avec jouissance. Elle se plongeait dans un état mélancolique et elle se disait qu'elle ne se lèverait plus. Il ne fallait juste pas se lever, prendre une dose plus forte et s'en aller dans cet autre monde où on est seul pour toujours mais où on ne risque rien.
Malheureusement pour la mort, on frappa à la porte. Clarisse se retourna, ne voulant pas être vue dans cet état. Une jeune femme entra, demanda si elle pouvait faire quelque chose. N'entendant pas de réponse, elle déposa quelque chose sur la table près du plateau puis elle sortit.
Cette intrusion réveilla totalement Clarisse. Elle sauta du lit en souriant et s'installa devant le plateau bien garni de jus d'orange, tartines, banane, maremelade et café. Elle allait prendre une grande gorgée de vitamine C quand son regard se figea sur une photo qui la tétanisa. Le verre devint si lourd qu'il tomba au sol, projetant du jus en éclaboussures sur toute la moquette alentour. « Qui avait mis ça là ? »
Elle se précipita dans le couloir, se mit à courir le plus vite possible. Ce ne pouvait être que la femme de chambre, il y a à peine un instant. Rapidement, Clarisse se fit remarquer : elle était nue. D'abord ce fut quelques sifflements flatteurs puis on entendit des remarques de femmes, choquées par tant d'impudeur. Et de beauté. Mais Clarisse continua de courir. La photo avait ravivé la peur et l'énergie qu'elle avait dû accepter dans son corps durant sa fuite du tunnel après le quadruple meurtre du train de 7h15. Elle ne pouvait pas s'arrêter, elle cherchait un visage, quelque chose qui ferait le lien avec ce jour-là. Elle courait sans s'arrêter, et déjà, elle avait fait deux fois le tour de l'hôtel, passant devant la piscine, regardant les gens dans les yeux, fouillant chaque recoin, ouvrant les portes. On lança à sa poursuite deux énormes masses chargées de la sécurité mais leur gabari ne leur permit pas de courir assez vite. Clarisse semblait comme un cheval lancé au galop qui ne se contrôle plus, qui fuit le danger, qui craint la mort, qui accepte de perdre la raison pour avoir l'énergie de s'enfuir.
Alors qu'elle passait à nouveau devant la piscine, elle fut projetée dans l'eau par un type qui s'était élancé sur elle sans ménagement. Il la rejoignit dans l'eau turquoise et tiède, la remonta à la surface et la serra très fort dans ses bras.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive ma Clarisse ? c'est fini, ne t'inquiète pas. Calme toi. »
David lui parla ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que tous les deux, débarrassés de la foule curieuse qui s'était amassée au bord.
« Qu'est-ce qui s'est passé ?
_Quelqu'un a mis une photo dans la chambre.
_Quelle photo ?
_Une photo du train. C'était horrible. J'en peux plus de cette histoire.
_Tu devrais en parler à quelqu'un.
_A qui ?
_Les flics, j'sais pas ?
Un jeune garçon d'à peine dix ans, qui n'avait pas assisté à la scène précédente, plongea alors juste à côté d'eux en hurlant de joie. On entendit sa mère lui crier, non moins aussi fort, de faire attention aux autres et de ne pas s'éloigner du bord. Et surtout, de garder ses bouées aux bras.
_Peut-être.
_Viens me montrer ta photo. »
Il retournèrent dans la chambre ; la photo avait disparu ; Clarisse regarda David qui ne savait pas quoi penser. Il l'emmena dans la chambre d'un ami et lui demanda de ne sortir sous aucun prétexte. Après avoir fermé la porte, il resta quelques secondes immobile dans le couloir. Cette histoire commençait à prendre des proportions trop importantes. Si ça continuait, il allait se retrouver en incapacité de travailler car dans son métier, il n'y a qu'une règle : venir l'esprit libre ou se vider l'esprit en travaillant. Dans tous les autres cas, votre carrière était foutue parce que vous étiez assuré de ne pas tenir la distance : pas de soucis dans le sexe. Et foutre en l'air sa carrière, c'était pas possible pour David. Il fallait donc faire quelque chose pour trouver la merde qui commençait à sentir aussi fort et s'en débarrasser d'un bon coup de pied.
02:08 Publié dans Roman feuilleton Julien Jean Marc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman feuilleton, roman, polar, policier, littérature, auteur, écrivain, écriture
12.12.2009
Roman feuilleton VIII-1
Attention, certains passages peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.
Dans l'avion qui emmenait Clarisse et David à Marrakech, les autres s'étaient bien amusés. Ils se relayaient dans la cabine de pilotages. Il ne fallait pas trop chercher à savoir ce qui s'y passait mais Clarisse l'imaginait aisément. Toutes les occasions étaient bonnes, pour eux, de se divertir en pratiquant leur passion commune. Et si elle les rejoignait ? Elle n'eut pas le temps de répondre à cette question.
L'avion atterrit le soir après une bonne heure de vol. L'air chaud du Maroc vint souhaiter la bienvenue à Clarisse en se frottant sur ses joues comme une étoffe de soie. Elle sourit en regardant David qui vint la rejoindre et lui attraper le bras. Elle se sentait bien. L'épisode du train ne la hantait plus. Son mollet, blessé lors de son échappée sur la vitre brisée, la faisait moins souffrir et elle avait hâte de se plonger dans la piscine pour avoir le bonheur de revêtir son nouveau maillot de bain, un minuscule triangle de tissu qui rendait à son corps toute la grâce et la beauté qu'une femme aurait voulu avoir, ne serait-ce qu'une seconde dans sa vie. Clarisse était divine. Ils prirent leurs bagages, un taxi et leur chambre, réservés par la production. David était la star du film ce qui lui donnait un certain privilège à ce niveau-là.
L'hôtel était splendide. La chambre, au premier étage, donnait sur le désert, au loin.
On y voyait la fin du monde, au-delà des palmiers.
Ils décidèrent de rester un peu dans la chambre. Ils avaient envie de se retrouver tous les deux pendant un moment. Une sorte de nécessité d'intimité. En effet, s'ils étaient très proches l'un de l'autre, il fallait tout de même qu'ils s'apprivoisent à nouveau, dans un espace réduit, dans la cohabitation des corps.
Clarisse voulut prendre un bain pour se détendre. David en profita pour allumer la télé. Il ôta son tee-shirt et s'allongea sur le lit double. Il tomba sur une chaîne américaine qui diffusait une course poursuite : un chauffard fuyard qui tentait d'échapper à une ribambelle de flics en voitures, motos et hélicos. Qui aurait pu penser qu'il s'échapperait ? C'était une traque dont l'issue était connue d'avance. C'était rassurant. Ni trop gentil, ni trop méchant. Il zappa rapidement. Ici, il pouvait recevoir toutes les chaînes européennes mais aussi les chaînes des autres continents. Une bonne centaine en tout. Le temps de faire le tour, vous aviez passé une heure.
Au sortir du bain, Clarisse vint le rejoindre sur le lit. Elle s'étendit à ses côtés, nue, sentant la fleur, luminescente grâce à l'huile dont elle s'était enduit le corps et aux projections phosphorescentes de l'écran de télé. Elle se rapprocha de lui et posa sa tête sur son torse. Il hésita un instant, restant figé mais en continuant quand même à faire défiler les chaînes. Puis il ouvrit son bras et Clarisse se nicha dans le creux de son épaule, tendrement, les seins collés contre sa peau. David ne connaissait ce genre de rapport corporel qu'avec elle. Dans tout autre circonstance, il aurait voulu posséder ce corps. Elle s'endormit et lui continua à zapper en faisant défiler les images sans s'arrêter vraiment. Il se demanda si c'était normal de ne pas vouloir faire l'amour avec elle.
Alors que lui-même commençait à s'endormir, on frappa à la porte. Il ne voulait pas répondre mais on insista. Il se leva doucement, en écartant Clarisse sans la réveiller.
C'était Ricci, tenant par la taille la jolie Clara. Ils souriaient tous les deux, comme deux soleils.
_Tu viens, mec ? On va tous au hammam. On a une autorisation spéciale de la direction.
_Ouais, on fait une soirée privée.
David se mit à rire.
_Qu'est-ce qu'il y a ?
_Pourquoi tu te bidonnes comme ça ?
Il ne répondit pas tout de suite. Les deux autres ne s'attendaient pas à ça.
_Qu'est-ce qu'il y a ?
_Tu te fous de notre gueule ?
_Mais non, mais non. C'est juste que vous avez l'air bien, tous les deux ?
C'était pas vraiment habituel de voir, dans le milieu, un couple se former. C'était à la fois touchant mais en même temps gênant : allez baiser la meuf de votre camarade ! C'est bien plus simple si on est tous potes.
_Arrête tes conneries ! C'est pas ce que tu crois !
_Tu viens ou pas ?
_J'en sais rien... Je vais peut-être pas bouger ce soir. Je me repose pour le tournage de demain.
_OK. Comme tu voudras.
Ils partirent en s'embrassant fougueusement.
Frank resta un moment sur le pas de la porte à les regarder. Ils s'éclataient. Il eut un moment de doute : pourquoi donc restait-il avec Clarisse ce soir ? Ce n'était pas dans ses habitudes de rester seul dans une chambre avec une fille qu'il ne niquerait pas. Il referma la porte. En se retournant, il la vit sur le lit, allongée sur le dos, ses seins plantureux échoués sur son corps, les jambes élancées, fines, la chevelure noires répandue comme un élixir sur le drap blanc. Il vint se remettre contre elle et la serrer tendrement. Pourquoi ne voulait-il pas faire l'amour avec elle ?
Elle demanda qui avait frappé. Il lui expliqua, elle fut rassurée. Elle lui dit qu'il pouvait sortir, qu'il ne devait pas se sentir obligé de rester avec elle. Elle se sentait déjà beaucoup mieux. Ici, l'air était doux, la nuit accueillante. Elle n'avait peur de rien et elle se laissait prendre par la douceur des choses.
La soirée se passa ainsi, l'un contre l'autre. Ils s'endormirent sans voir le temps passer.
à suivre ici : http://julienjeanmarc.hautetfort.com/archive/2009/11/21/r...
02:07 Publié dans Roman feuilleton Julien Jean Marc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman feuilleton, roman, littérature, écriture, polar, policier


